Kintana ILTIS | Championnats de France de difficulté 2026

Quelques jours avant les Championnats de France de difficulté 2026, Kintana ILTIS nous partageait son état d'esprit, ses doutes, ses progrès et ses ambitions. Nous vous proposons aujourd'hui de découvrir ce témoignage écrit juste avant la compétition.

Un sélectif riche en enseignements

Tout d’abord, il était important pour moi de remercier AMEG Group.

Cette collaboration a compté bien au-delà du partage. Merci de m’avoir offert l’opportunité d’écrire quelques passages de mon aventure à travers ces trois articles publiés tout au long de l’année. C’est une véritable chance de partager mon parcours, aussi bien sportif que personnel, et de raconter les étapes importantes qui rythment mon quotidien. Je suis heureuse de continuer l’année prochaine.

Ce troisième article reprend exactement là où le précédent s’était arrêté : dans le feu de la préparation, à quelques semaines du Sélectif Équipe de France, prévu le week-end du 21 mars.

Ces deux dernières semaines d’entraînement avant le sélectif, je me sentais bien et forte dans les voies. J’avais hâte d’y être, prête à en découdre.

Lors de ce dernier, j’ai ressenti une véritable évolution dans ma manière d’aborder la compétition. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai réussi à bien dormir la veille d’un événement important. Cela peut sembler anodin, mais pour moi, c’est déjà énorme.

L’échauffement se passe dans cet état où tout semble juste. Je me sentais prête, en confiance, avec de bonnes sensations : ni trop stressée, ni trop détendue. J’étais là, entière. Je visualisais clairement les voies dans ma tête, et j’avais la certitude que tout était en place. Mais la grimpe ne récompense pas toujours ce qu’on a construit en silence. Malheureusement, dans la première voie de qualification, je me fais surprendre par une main qui « zippe », me faisant tomber. Cette frustration d’une erreur qui efface tout, qui me laisse avec le sentiment de ne pas avoir pu montrer ce que je sais faire. Mais il restait encore une deuxième voie. Dans celle-là, je perds les pieds sur un mouvement difficile et n’arrive pas à les repositionner. Ma compétition s’arrête là. Dixième place. Loin de ce que j’espérais.

Changer son regard sur la compétition

Sur le chemin du retour, une seule pensée : les Championnats de France, fin mai. Une autre chance. Et avec un peu de recul, celui qui ne vient jamais tout de suite, j’essaie de regarder au-delà du classement. Parce qu’il s’est passé quelque chose dans ce sélectif. Quelque chose de réel, même si invisible dans les résultats. Depuis l’échauffement, j’étais présente, d’une façon que je n’avais plus ressentie depuis longtemps : concentrée, déterminée, engagée, totalement dans l’instant. Cela faisait trois ou quatre ans que je n’arrivais plus à grimper avec cette sensation de liberté. Trois ou quatre ans à ressortir des compétitions avec ce sentiment tenace de ne pas m’être exprimée pleinement, de ne pas être allée jusqu’au bout de ce que je savais faire. La frustration n’était pas dans les résultats, elle était dans ce manque-là, profond et répété. Ce sélectif de mars avait fissuré quelque chose. Je le savais. J’avais retrouvé des sensations et une approche que je cherchais depuis longtemps. Cette compétition m’a montré que le travail engagé cette année allait dans la bonne direction. Il fallait continuer à construire là-dessus et poursuivre ces changements sur les prochaines échéances, pour qu’ils soient ancrés, solides.

2026.05.30 Finales Cht France Diff Saint Etienne © Arthur Delicque-1746

Retrouver les sensations

Pour retrouver le rythme avant les Championnats, j’ai décidé de participer aux demi-finales du Championnat de France Sud à Marseille. Ma première « vraie » compétition de l’année, le 2 mai.

Les sélectifs, c’est un monde à part : peu de public, pas d’ambiance, une atmosphère fermée, parfois pesante. Ce sont avant tout des compétitions de sélection, il y a un ticket à décrocher et ça se sent dans l’air. Pas de podiums, pas d’énergie collective, pas cette communion avec le public qui fait aussi partie de ce sport. Cette ambiance-là me manquait. Et j’étais à la fois impatiente et un peu stressée à l’idée de retrouver cette énergie. Je savais que beaucoup de choses avaient changé en moi ces derniers mois. Dans l’entraînement d’abord : j’avais appris à être moins dans le contrôle, à me faire confiance et à plus m’engager dans les mouvements. Dans ma façon de voir les choses ensuite : accepter qu’une erreur ne résume pas une compétition, qu’une chute n’efface pas tout ce qui a été construit. Mais surtout, et c’est là que ça change vraiment, dans mon rapport à ce que je ressentais avant de grimper. Pendant longtemps, le stress pré-compétitif était quelque chose à combattre, à étouffer. J’avais commencé à comprendre que ce n’était pas l’ennemi. Que cette adrénaline, cette tension dans le ventre, pouvaient devenir du carburant plutôt qu’un obstacle. J’avais une immense envie de grimper, de m’exprimer pleinement, presque de danser sur le mur. Et une autre ambition, plus simple et plus directe : j’y allais pour gagner.

Le déclic à Marseille

Je vais laisser parler quelques lignes écrites juste après cette compétition, parce qu’elles disent mieux que je ne saurais le faire ce qui s’est passé ce week-end-là : « Le week-end dernier, tout s’est aligné : ma tête, mon corps et mon esprit. J’étais prête, je me sentais forte et j’avais surtout envie de grimper, de m’exprimer et de danser sur le mur. Cela faisait longtemps que je n’avais pas retrouvé cette sensation : me sentir légère, libre, presque comme si je volais, et surtout prendre autant de plaisir à grimper en compétition. » « J’ai été la seule à topper toutes les voies et j’ai laissé échapper quelques larmes. Bien sûr, j’avais gagné la compétition. Mais au fond, ce n’était pas seulement ça. J’avais surtout retrouvé quelque chose de beaucoup plus grand : cette joie profonde, ces sensations et cette liberté qui me manquaient depuis longtemps. »

Quand tout s’aligne

C’était intense. J’étais heureuse et reconnaissante ; vivre cela en tant qu’athlète, c’est puissant. Une de ces compétitions qui ne ressemble à aucune autre parce qu’elle confirme quelque chose que vous sentiez depuis un moment mais que vous n’osiez pas encore nommer.

Tout le travail de cette année, tous ces ajustements, cette nouvelle façon d’entrer dans une compétition, ça prenait enfin du sens. Pour la première fois depuis longtemps, j’avais l’impression d’être exactement à ma place. Peut-être que c’était ça, le flow, cet état dont on parle dans le sport de haut niveau, où l’action et la conscience ne font plus qu’un, où l’effort cesse d’être un effort.

Prête pour les Championnats de France

Les Championnats de France arrivent dans quatre jours. Je n’ai qu’une envie : grimper engagée, libre et combattante. Profiter de chaque instant. Et continuer à écrire la suite.

 

AMEG Group | Team Ameg Sport  partenaire de Triomphe Collectif

 

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